traces espaces-écrits - deuxième groupe d'intervention

Obsessions

Espaces-Écrits Éprouver la ville

ESPACES-ECRITS  EPROUVER LA VILLE

Le principe de l’atelier de recherche Espaces-Écrits Éprouver la ville a germé dans l’esprit d’Ema Drouin peu de temps après la fin de la tournée de l’année de création de Paroles de mur (2002). La collaboration avec Claudine Galéa, écrivain auteur de la matière textuelle de la proposition, a fait naître le désir de multiplier les expériences autour de l’écriture pour un espace. Peut-on écrire pour l’espace public ? Comment ? En quoi l’écriture qui jaillira sera-t-elle spécifique ? Autant de questionnements qui ne demandaient qu’à être mis à l’épreuve du réel.

Chaque atelier a rassemblé un écrivain, un acteur/une actrice, Ema Drouin, meneuse de jeu et Anne Gonon, chargée de la collecte des traces. L’atelier de recherche représentait pour Ema l’occasion d’approfondir des rencontres avec des personnes sensibles aux problématiques posées par cette expérience. Pourquoi avoir rassemblé un acteur et un écrivain ? Ema ne souhaitait pas proposer aux écrivains des ateliers d’écriture mais bien des ateliers d’expérimentation in situ en groupe. Dès l’origine, l’envie était forte d’amener les acteurs à écrire et d’emmener les écrivains dans le mouvement.
Au-delà de la dimension purement instinctive de la formation des duos, c’est en connaissant les univers d’écriture et de travail de chacun, leurs centres d’intérêts et leurs démarches personnelles, qu’Ema a associé celui-ci à celui-là. Ce binôme mis à l’épreuve du réel et du dehors, l’espoir était nourri que l’un servirait de miroir à l’autre et inversement. L’écrivain pourrait-il se projeter dans le corps de l’acteur en mouvement ? L’acteur se nourrirait-il des mots entendus dans ses propositions dans le lieu ? L’espoir fut comblé. C’est même entre les quatre protagonistes que s’est nouée à chaque fois une relation équilibrée, singulière et privilégiée.
Cette étrange alchimie, les équipes des sessions de l’atelier de recherche la doive, peut-être, en partie au protocole d’expérimentation lui-même. En huis clos, confrontés trois jours durant à un lieu, les équipes semblaient naviguer dans une bulle d’espace-temps à côté du réel, et pourtant au combien imbriqué dans celui-ci. Si le protocole était relativement établi et suivi, Ema a toujours été à l’écoute du groupe et c’est ainsi que chaque session a imposé son propre rythme. Chaque atelier a pris une direction propre et l’on s’est toujours gardé de construire une session en fonction de celles le précédant. Le protocole n’aura donc à aucun moment écrasé les deux facteurs fondamentaux qu’étaient l’équipe et le lieu. Malléable, il s’est adapté à eux, leur laissant la latitude nécessaire pour se singulariser.
À partir d’un postulat de départ unique, « Tout corps plongé dans un espace l’influence et est influencé par lui », cinq expériences très distinctes sont ainsi nées, laissant à chacun le souvenir d’un lieu associé à un moment et à une équipe.

La restitution, « Le lieu est-il miroir de l’intime ? », organisée en février 2005 au 3bisF, lieu d’arts contemporains à Aix-en-Provence, a été l’occasion de faire se rencontrer les différentes équipes et de partager les expériences, jusqu’à présent précieusement conservées sous forme de textes, photos, enregistrements, dans des boîtes restées fermées. C’est à l’issue du cycle des cinq sessions et pour la préparation de la restitution qu’Ema et Anne ont réouvert les boîtes et proposé une mise en forme des matières, jetant ainsi un premier regard distancié sur ce qui pouvait bien rester de ces expérimentations. À l’issue de la restitution, tous les participants ont exprimé le désir de conserver, eux aussi, une trace de l’atelier de recherche. C’est alors que l’idée d’un recueil s’est imposée.
La tâche est complexe et le résultat à l’image de cette complexité. Comment rendre compte de ces expérimentations par les seuls mots des écrivains ? Les photographies rendront-elles l’esprit du lieu et des improvisations qui s’y sont déroulées ? Comment donner à goûter et revivre ce qui s’est joué là, caractérisé par le croisement de multiples facteurs dont le mélange nous échappe ?

Le processus de l’atelier de recherche a débuté dès fin 2004, par l’écriture d’un dossier de présentation du projet. Il ne s’est certainement pas achevé en février 2005 lors de la restitution. La transmission de cette expérimentation fait partie intégrante du processus. Il existe de nombreuses autres images, des heures d’enregistrement, des notes prises sur un cahier, etc. Ce recueil est une piste de transmission de l’expérience.

Hôpital ! Silence ?

HOPITAL ! SILENCE ?

Les actions en milieu hospitalier s’inscrivent dans la démarche générale de la compagnie, en cohérence avec les problématiques abordées dans l’ensemble des propositions : l’inscription dans la cité, le lien entre intérieur et extérieur, le questionnement sur les rapports intergénérationnels.
En introduisant des écrivains, acteurs, prerformeurs, danseurs ou chanteurs, à l’hôpital, Deuxième Groupe d’Intervention crée des situations collectives, des situations de stimulation, pour provoquer des instants hors du temps habituel. En tant que figures « autres », ni visiteurs ou parents, ni soignants ou patients, les acteurs de Deuxième Groupe se situent en dehors des codes qui régissent les rapports entre malades et personnel soignant. Ils se positionnent dans un rapport interpersonnel simple avec les patients, en les réhabilitant dans leur intégrité, et d’une certaine façon, en proposant des temps sociaux renouvelés.

Entre 1997 et 2007, Deuxième Groupe d’Intervention est implanté dans l’ancienne blanchisserie du centre hospitalier Charles Foix à Ivry-sur-Seine, spécialisé en gérontologie. La Blanchisserie est un espace de fabrication partagé par dix compagnies (1300m2). Après une phase de rencontres, d’écriture et de montage du projet, une convention est signée en 1997 par la fédération des compagnies artistiques Les Mêmes, la direction du centre hospitalier et l’AP-HP.
En échange de la mise à disposition des locaux qui ont été entièrement réhabilités par les artistes avec le soutien de la DRAC et la Région Ile de France, les compagnies assurent des interventions artistiques dans l’hôpital. La compagnie dispose, au sein de La Blanchisserie, d’un studio de répétition (100m2), d’un stock (20m2) et d’un bureau (20m2), siège social. Elle peut par ailleurs utiliser, en relais, la nef de La Blanchisserie (espace de 300m2).

Durant ces 10 ans d’implantation, Deuxième Groupe d’Intervention a proposé de nombreuses interventions tournées vers les patients et le personnel soignant...
Elles se sont déclinées en temps de rencontre Lectures ouvertes, de contact LES F’ACTEURS, de rendez-vous Un temps avec ma grand-mère, CABARETS MINIMALS. Hôpital ! Silence ? propose un retour sur ces actions menées par Deuxième Groupe d’Intervention en milieu hospitalier.

 

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