Opus pour 3 villes

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Opus pour trois villes

Opus pour trois villes

© Ema Drouin






Pièce in situ
- 2020 -
"Hommage aux grands ensembles
et à ceux-celles qui les habitent"

Dans un contexte de transformations urbaines, le passé tout proche refait surface tandis que le bitume fond sous la pression immobilière.

À partir de détails ramassés ça et là dans l’espace public , deux femmes extrapolent. Des histoires émergent alors et font apparaitre des vies de tous les jours. Des univers se choquent, se croisent, s’entremêlent, se répondent

Les deux femmes font parler la carte sensible, disent la colère et l’impuissance avec une gravité non dépourvue d’humour. Serait-ce l’évocation d’un monde en voie de disparition ?

Texte et mise en scène

Ema Drouin

Jeu

Noémie Fourdan et Catherine Salvini

Composition et violoncelle live

Jean-Philippe Feiss

Une tente blanche de 12 mètres de long par 4 de large, installée sur une place, un parking, ou peut-être au détour d’une rue proche de travaux.

Une tente comme il en pousse ici et là dans l’espace public pour informer, concerter, convaincre... Le changement urbain est là, il fait irruption dans ton quartier, et voici qu’une jolie tente blanche est là pour le confirmer.

Elles sont là, elles aussi, devant cette tente blanche. Elles vont bientôt te faire entrer.

Petite introduction, craquements, et tu pénètres dans ce qui s’apparente à un laboratoire.

Il y a 3 cartes blanches d’un mètre par un mètre, tracées au noir ;
Il y a des gants blancs ;
Il y a des sachets suspendus, entiers ou en fragments, rouges, blancs, verts ;
Dans les sachets, il y a des petits objets, et des étiquettes qui indiquent le lieu, l’heure, l’année du ramassage.

Tu es invité·e à t’assoir, en un face à face confortable.

Elles, deux femmes, l'une jeune et l’autre moins, accompagnées par un violoncelliste, vont dévoiler ce que racontent les objets. Ici, pas de termes savants ou d’envolées géopolitiques (quoique), plutôt des détails, des mots, qui font apparaître, toucher du doigt : des lieux, des gens, des émotions.

Et peu à peu c’est tout un paysage humain et urbain qui surgit, paysage qui ressemble à s’y méprendre à un quartier que tu connais-sais, à ton quartier, à un quartier que tu penses avoir vu à la télé...

Écrit lors de dérives et de rencontres sur différents sites en cours de changement urbain, Un Opus pour trois villes dévoile la vie de tous les jours des habitant-es, à partir d’objets collectés dans l’espace public et présentés dans l’installation plastique.

Les sites évoqués sont précis tout en étant universels. Chacun.e.s dans le monde entier peut retrouver ces espaces, ces situations, ces personnages qu’A et B font apparaitre tout au long de la proposition.

Le travail choral, la circulation de la parole et le tressage avec la musique est particulièrement marqué et fait apparaître un hors temps, hors lieu.

L’ouverture des portes souples du barnum, donne un cadre sur l’espace public, en découvre une partie, comme en écho avec les mots qui se partagent tout proche du public.

Posé dans l’espace public, ce barmum blanc immaculé fait écho aux concertations tout autant qu’à une actualité pandémique plus récente. On s’y retrouve dans un espace aseptisé. Les sons extérieurs y entrent dans un espace temps ralenti, presque suspendu.

Confidences au coeur de la ville, les sujets traversent la question du voile, de l’abandon, de l’enfance, du travail, de l'attente, de l’oubli souvent...

Opus pour trois villes, est une façon de partager ce qui nous agite quand on observe et ressent les ruptures entre les réalités créées par les grands changements qu’ils soient urbains ou plus r’urbains et la réalité des habitant-es.

Cette pièce, avec humour, décalage et clairvoyance, propose une plongée dans un espace public pas toujours accueillant mais comportant beaucoup d’humanité même si parfois elle reste bien cachée.

Un Opus pour trois villes peut être présenté en extérieur sous le barmum qui fait partie intégrante de la situation, et également en intérieur où dans ce cas nous préservons simplement la structure aluminum sans les toiles (par exemple sur un plateau de théâtre, dans un hall…).

Elle s’inscrit dans la démarche d’arpentage et de cartographie sensible On écrit sur tout ce qui bouge réalisée depuis 2012.

Cette pièce s’appuie sur 3 cartes et une sélection de petits objets qui font partie de l’installation artistique globale, présentée déployée à Malakoff en 2016 à la Fabrique des arts-malakoff-Scène nationale de Malakoff et visible par bribes à l’Atelier de curiosité urbaine Malakoff.

 Je roule de mes chaines et j’écrase, inlassablement. bientôt il ne restera rien, tout plat. tout lisse.
J’emporte vos restes dans un grand champs de restes. Demain parc aménagé, belvédère, point de vue imprenable pour résidences ultra modernes, tours qui s’élèvent très haut dans le ciel.
Que c’est bon. le son de mon moteur, le couinement de mes chaines, le son âpre des raclements face au flux qui passe. de voitures, de piétons, de vélo casqués, de motos ronflantes.
Parfois j’attaque un champs entiers de maisons de bois. en une seconde, comme le loup qui souffle, tout est par terre. Déshabillé.

B : à propos de la Carte 1
Chez nous il y a un château.
Chez nous il y a des arbres.
Chez nous il y a une rivière qui coule sous nos pieds.

A : à propos de la Carte 3
Chez nous c’est les carrières sous les pieds.
Chez nous ils ont creusé et maintenant il rebouchent.
Chez nous bientôt une gare ultra moderne et nous irons (ou pas) à la défense en vingt minutes.

B : à propos de la Carte 2
Chez nous c’est refermé.
Nous sommes les petits derniers de la "politique de la ville".
C’est petit.
C’est serré.
Tout est là.

Journal de Saône-et-Loire - 22 juillet 2022

Des territoires et des gens, Émilie Rousseau

(...) Glanant ça et là des restes d'objets extraits de sachets en plastiques, sortes de pièces à conviction ou clés pour entrer dans l'intimité des gens, les deux comédiennes observent et racontent des bribes d'histoires qui "confirment la présence des ils, elles, des eux". Dans les allées, les escaliers, derrière les murs, se construisent des histoires et des destins, auxquels le spectacle redonne une place au cœur des politiques de territoire trop souvent déshumanisées.

Malakoff :

  • Fabrique des arts-Malakoff scène nationale

  • Esplanade du 28 boulevard de Stalingrad

  • Atelier de curiosité urbaine

Valenton :

  • Théâtre de Valenton

Chalon-sur-Saône :

Paris 13ème :

  • Place Aurélie Nemours

  • Résidence Amiral Mouchez

  • Pelouse de Reuilly

Deuxième Groupe D'intervention
art      -      Réalité      -      Espace Public
Direction artistique Ema Drouin

21 ter boulevard de Stalingrad 92240 Malakoff - FRANCE
Tél : 06 71 17 91 01 - Nous écrire

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